Berardi Franco dit “Bifo” – Le ciel est enfin tombé sur la terre

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“ce qui intéresse un dadaïste est sa propre façon de vivre”

Le premier extrait est signé Funny-Guy (sans doute Picabia) dans le numéro 15 de la revue de Picabia, 391, juillet 1921
Le second extrait provient d’une conférence donnée par Tristan Tzara, en septembre 1922.

I

Le dadaïsme fut inventé par Marcel Duchamp et Francis Picabia – Huelsembeck ou Tzara trouvèrent le mot Dada – il est devneu esprit parisien et berlinois. L’esprit “parisien” qu’il ne faut pas confondre avec l’esprit de Paris, consiste en fataisies extérieures et spirituelles; il habite des gens auxquels “on ne la fait pas!” – il possède le secret de transformer la chicorée en chicorée, les épinards et épinards et la merde en caca. Évidemment, la merde et le caca c’est la même chose mais un petit coup de vaporisateur à l’opoponax sur le caca transforme ce caca en choux à la crème que madame la comtesse Q… est heureuse de manger et de faire manger à des invités de choix.

II

Dada, après avoir de nouveau attiré l’attention du monde entier sur la mort, sur sa présence constante parmi nous, marche en détruisant de plus en plus, non en extension, mais en lui-même. De tous ses dégoûts, il ne tire d’ailleurs aucun parti, aucun orgueil et aucun profit. Il ne combat même plus, car il sait que cela ne sert à rien, que tout cela n’a pas d’importance. Ce qui intéresse un dadaïste est sa propre façon de vivre. Mais ici nous abordons les lieux réservés au grand secret.

DADA, juillet 1921 et septembre 1922.

Manifestation du 1er mai 1989 à Berlin

Catégories:Erste Mai

“tout ce qu’il y avait dans le groupement de zimmerwald de véritablement révolutionnaire”

Texte signé : Ralowsky, Lénine, Zinoview, Trotsky, Platten
En 1915 et 1916, un groupuscule d’internationalistes (y compris français et allemands) se réunissent en Suisse et en Suède. Il sétaient ridiculement peu nombreux autour de Trotsky et Lénine. On a pu dire que cette Internationale “tenait sur un canapé” !

Les conférences de Zimmerwald et de Kienthal eurent leur importance à une époque où il était nécessaire d’unir tous les éléments prolétariens disposés sous une forme ou sous une autre à protester contre la boucherie impérialiste. Mais il pénétra dans le groupement de Zimmerwald, à côté d’éléménets nettement communistes, des éléments “centristes”, pacifistes et hésitants. Ces éléments centristes, comme l’a montré la conférence de Berne, s’unissent actuellement aux social-patriotes, pour lutter contre le prolétariat révolutionnaire, utilisant ainsi Zimmerwald au profit de la réaction.
En même temps, le mouvement communiste grandissait dans une série de pays, et la lutte contre les éléments centristes qui font obstacle au développement de la révolution sociale est devenu maintenant la tâche principale du prolétariat révolutionnaire. Le groupement de Zimmerwald a fait son temps. Tout ce qu’il y avait dans le groupement de Zimmerwald de véritablement révolutionnaire passe et adhère à l’Internationale communiste.
Les participants sous-signés de Zimmerwald déclarent qu’ils considèrent le groupement de Zimmerwald comme dissout et demandent au bureau de la conférence de Zimmerwald de remettre tous ses documents au comité exécutif de la Troisième Internationale.

Groupe de Zimmerwald, mars 1919

Affrontements autour de la faculté de Jussieu – 24 avril 1972

Le 12 avril 1972, prenant prétexte de la présence de personnes étrangères qui se livrent à “des activités qui (…) tombent sous le coup de la loi”, les autorités universitaires de la faculté de Censier chargent plusieurs dizaines d’appariteurs de procéder à des contrôles. Des heurts assez violents éclatent très rapidement entre étudiants et vigiles de l’université faisant un blessé parmi ces derniers. Le recteur de l’académie de Paris, après avoir obtenu l’accod des autorités de Paris I, Paris III et Paris VII qui utilisent conjointement les locaux, ordonne la fermeture du campus.
Le 24 avril, dans l’après-midi et à l’appel de plusieurs organisations d’extrême gauche, la faculté de Censier est occupée après de nouveaux affrontements avec les vigiles de l’université. Les forces de l’ordre interviennent et délogent les occupants. Après s’être réfugiés à la Halle aux Vins et en avoir été délogée, les étudiants et les militants d’extrême gauche se barricadent sur le campus de Jussieu où ils répondent pendant plusieurs heures aux grenades lacrymogènes de la police par des jets de pierre et de cocktails molotov, et ce même depuis les toits.









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La première série de photographies est de Michel Puech, journaliste, photographe, ancien directeur d’agences de presse, blogueur à ses heures dans le Club Mediapart.

La seconde série est constituée de photos de E. Kagan, publiée dans Rouge, n°155, 29 avril 1972) trouvé sur le blog Rock, Culture et politique.

“morte, vaincue par l’opportunisme”

Lénine anticipe ici une autodissolution qui était une réalité, ô combien patente, depuis août de la même année. Autodissolution tactique, donc, proclamée par un seul individu, mais tout à fait dans le vent de l’histoire, même si cette institution moribonde a poursuivi spectralement sa carrière.

La Deuxième Internationale est morte, vaincu par l’opportunisme. À bas l’opportunisme et vive la Troisième Internationale, débarrassée des renégats et aussi de l’opportunisme !
La Deuxième Internationale a fait un travail utile d’organisation des masses prolétariennes pendant la longue “période pacifique” du pire esclavage capitaliste au cours du dernier tiers du dix-neuvième siècle. La tâche de la troisième Internationale sera de préparer le prolétariat à la lutte révolutionnaire contre les gouvernements capitalistes, à la guerre civil contre la bourgeoisie de tous les pays, en vue de la prise des pouvoirs publics et de la victoire du socialisme.

Deuxième internationale, 1er novembre 1914

Reportage : Qui sont les autonomes ?

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